Renaitre après la maladie et découvrir qui nous sommes. Bibi l'a fait propose des ateliers bien être et santé

Comprendre pourquoi ?

C’est une question qui ne cessera de vous hanter si vous n’y faites pas attention. Après deux ans de rémission je dois dire que c’est un questionnement avec lequel je commençais pratiquement toutes mes journées dans la première année qui a suivi mon traitement ou qui est revenu maintes fois au cours de ma rémission que ce soit quand je mangeais ou quand je faisais mes courses.

Bien que ce questionnement soit sain et permette de remettre en question certaines habitudes de vie, il peut aussi devenir un polluant psychologique, un filtre qu’on applique dès qu’on a une décision à prendre petite ou grande : 

Dois-je continuer à acheter ce déodorant qui contient des ingrédients possiblement cancérigènes ; Est ce que j’achète tout bio ou je continue à n’acheter que les légumes frais ? Est-ce que je reprends un travail avec responsabilité sachant que le stress est aussi un facteur qui a pu contribuer à ma maladie ?

Chacun doit s’approprié ce questionnement comme il l’entend. Certains n’y seront même pas exposé car ils ont décidé d’oublier et y arrive seuls, d’autres vont devenir dépendants de cette logique et vivre dans la peur de la récidive.

La solution est très certainement un entre deux : être conscients que nous avons été malades et devons prendre de nouvelles habitudes de vie et en même temps revivre sans penser au lendemain avec spontanéité et joie de vivre :

Avoir une alimentation équilibrée mais se faire un mc do de temps en temps pour le plaisir

Acheter des produits cosmétiques mieux labélisés mais craquer sur le shampoing dont le parfum vous rappelle l’enfance (à condition de l’utiliser occasionnellement)

Offrir un bonbon aux enfants de temps en temps et en prendre un aussi, même si on sait qu’ils contiennent des additifs dangereux pour la santé si on est exposé trop souvent.

Redécouvrir qui nous sommes

Une maladie longue durée c’est l’occasion de prendre du temps pour soi. Et oui après avoir beaucoup travaillé je me suis sentie coupable de ne plus rien faire et de me faire porter par mes proches.

Mais si je me suis si vite remise c’est certainement parce que j’ai compris que pour donner aux autres et se reconstruire il faut être à l’écoute de soi. Pas à l’écoute de la mère que nous sommes ou à la femme de Monsieur mais vraiment à soi : la personne qui existe à l’intérieur de nous et qui n’écoute ni la culpabilité de ne pas être parfaite, ni les besoins que les autres ont (amis, enfants, mari).

Après un boulot vampirisant, et une maladie qui nous laisse épuisée, difficile de changer ses habitudes et de penser à nouveau à soi. Qu’est-ce que j’aime ; quelle passion j’avais étant jeune et que j’ai mise de côté pour le travail et la vie de famille ?

Arts : les arts plastiques sont souvent d’une grande aide pour autant que vous ayez la fibre artistique. Même si des cours d’arts thérapeutiques existent, ils sont souvent très demandés et ont peu de places disponibles. Avec l’expérience, je me suis rendue compte que privilégier un cours traditionnel s’est avéré une option payante. Cela ne vous empêche pas de peindre votre maladie ou votre douleur si lors d’un cours, l’envie vous vient.

En plus de vous extraire de votre quotidien, les rencontres que l’on y fait font oublier la maladie car on en parle pas du tout et cela fait du bien de ne pas tout rapporté à cela d’autant plus quand on a passé son temps dans les hôpitaux. Je dirais donc que cette activité a autant de bénéfices intérieurs que d’intérêt pour retrouver une vie sociale quand on est encore trop fatiguée pour retravailler.

Sport : Je définis par sport, tout effort physique que ce soit la marche ou même le yoga. Encore une fois, cette activité permet non seulement de se refaire une santé mais aussi d’avoir un prétexte pour sortir de chez soi. Il n’y a pas besoin que cela soit forcément très physique. L’important c’est de retrouver le goût de l’effort. Peut-être 10 minutes de marche au début mais 20 minutes quelques mois après…

Pour ce qui est du yoga, le traitement et la maladie ont été beaucoup plus supportable grâce à cette discipline. A condition qu’elle soit adaptée à votre pathologie. Pour ma part, c’est le Yoga Iyengar qui m’a beaucoup aidé. C’est un yoga qui prend en compte les difficultés physiques de chacun par l’aide de supports pour réaliser les postures. L’autre intérêt du Yoga c’est qu’il vous permet de lâcher prise et d’apprendre certains exercices de relaxation facilement réutilisables à la maison ou à l’hôpital.

Culture : C’est vraiment la culture au sens large, et j’y inclurais donc lecture mais aussi visionnage de films et de séries. Les expositions sont des sorties agréables mais malheureusement au début de la rémission et pendant la maladie on est trop fatigué parfois pour sortir et rester debout plusieurs heures. Par contre, la lecture et la télévision permette l’espace d’un instant d’oublier le quotidien et donc la maladie. La lecture notamment m’a permis de m’évader de chez moi quand les vacances n’étaient pas envisageables faute de temps entre deux traitements.

Bénévolat : C’est par le milieu associatif que vienne les meilleures ondes. Il ne faut jamais sous-estimer le partage et l’entraide quand on est au fond du trou. Se savoir utile et aider et faire plaisir aux autres permet de se sentir vivant. Beaucoup d’associations existent et  en trouver une non loin de chez soi est un des critères. Ensuite choisissez une mission qui vous parle : lecture aux enfants, aide et accompagnement des personnes âgées, jardin partagé et sensibilisation des publics à l’écologie…Vous n’avez que l’embarras du choix. Enfin ne pensez pas que l’associatif prend un temps trop important. On vous dira toujours que vous faites ce que vous pouvez ce sera toujours apprécié.

Voir du monde à nouveau et profiter de sa famille

Soyez sélectif au début et cibler les réunions de famille et amis que vous avez vraiment envie de faire. Inutile de vous dire qu’il faut être visible car vous avez été un ermite pendant longtemps. Les gens comprendront que vous ne puissiez pas être partout.

Privilégiez vos enfants et votre conjoint. Ils ont certainement beaucoup souffert de votre maladie même si ils ne se sont pas sentis libres de vous le dire. Focaliser votre énergie pour des petites choses mais quand vous les faites avec eux soyez vraiment là, ressentez leur joie, écoutez les vraiment. Cela peut être une balade au parc, ou un cinéma en famille, ou même reprendre plaisir à emmener les enfants à l’école.

Dans mon prochain article, je vous parlerais des lectures, qui m’ont permises de me ressourcer et de me reconstruire.